Biographie
Petite, Aurélie Aloy rêve de devenir détective ou comédienne. Ce choix révélateur de son goût pour l’enquête humaine et les personnages, la pousse à écrire sa toute première pièce de théâtre à l’âge de huit ans, Meurtre à Londres. Un premier geste fondateur, né sans héritage artistique familial, mais nourri d’une fascination instinctive pour le théâtre. Enfant, elle passe des heures à regarder à la TV des captations de pièces, fascinée par la magie du décor en mouvement. Elle se souvient aussi du jour où elle demande à sa mère comment s’écrit une réplique, « le nom du personnage, deux points, puis ce qu’il dit ». Ainsi naissent ses premiers textes, d’abord des contes de fées adaptés pour la scène, joués avec ses camarades d’école, sous le regard bienveillant de sa maîtresse. Faute de cours de théâtre dans sa commune, Aurélie attend le collège pour intégrer un atelier animé par sa professeure de français. Enfant vive, solaire, dynamique, mais aussi très organisée et excellente élève, elle développe très tôt un goût pour l’écriture et la mise en scène. Son entourage se souvient d’elle comme d’une meneuse naturelle, capable d’organiser des groupes entiers d’enfants lors des sorties familiales. Cette énergie, alliée à une rigueur intellectuelle solide, façonnera durablement son approche du jeu.
Après des études en Lettres Supérieures (Hypokhâgne et Khâgne) à Toulon, Aurélie intègre le Conservatoire National de Région de Marseille. Elle obtient une Maîtrise en théorie et pratique des arts à l’Université d’Aix-en-Provence. Après avoir vu le film Fauteuils d’orchestre, portée par un élan décisif, elle part à Paris, seule, une valise à la main, décidée à devenir comédienne. Sans réseau ni formation, elle apprend sur le terrain, elle répond aux annonces dans les écoles de cinéma, tourne dans de nombreux courts et moyens métrages étudiants, et découvre la précision du jeu face caméra. À Paris, elle travaille également au théâtre et collabore avec plusieurs metteurs en scène, dont Luis Jaime Cortez et Philippe Naud. De retour dans sa région natale, elle s’éloigne temporairement des plateaux sans quitter le spectacle vivant, devenant chargée de communication au PÔLE, scène conventionnée d’intérêt national près de Toulon. Cette immersion dans les coulisses du milieu artistique nourrit son regard et maintient un lien étroit avec la création. La rencontre avec les équipes Barbak & Gougoutte, Masebrothers et le réalisateur Benjamin Marziac marque un véritable tournant. Après près de dix ans, elle retrouve les plateaux, une révélation, presque un électrochoc. Cette collaboration lui vaut le Prix de la Meilleure Actrice au 48h Chrono Film Project à Marseille en 2019.
Depuis six ans, Aurélie apparaît à la télévision dans des publicités, séries et téléfilms ainsi qu’au cinéma, notamment dans Et la fête continue de Robert Guédiguian et Diplodocus de Gaston Rodriguez. Aujourd’hui, elle crée son premier spectacle, L’Indifférente, et fonde la compagnie Telle Mère Telle Fille. Ce projet très personnel est né d’une correspondance amoureuse adolescente conservée pendant quinze ans, 148 lettres, devenues matière théâtrale. En écrivant, mettant en scène et produisant ce spectacle, Aurélie boucle symboliquement la boucle avec son premier geste d’enfant auteure. Elle revendique une posture claire, ne pas attendre d’être choisie, mais créer ses propres projets.
Aurélie est décrite comme une femme très sociable, chaleureuse, fédératrice, profondément attachée à la famille et aux amis. Positive, déterminée, parfois butée, elle avance avec une énergie solaire assumée. Elle pratique la danse depuis plusieurs années, contemporaine, street dance et heels, disciplines qui nourrissent à la fois sa puissance scénique, son lâcher-prise et son rapport à la féminité. Sur le plan artistique, elle se distingue par une grande aisance en comédie, révélée notamment lors d’une masterclass avec seize directrices de casting (Objectif Formation Cinéma). Elle aime la rigueur rythmique et la précision qu’exige l’humour, tout en étant très à l’aise dans les rôles dramatiques, souvent plus sombres et à contre-emploi. Elle défend une approche nuancée du drame, où la légèreté peut parfois renforcer la profondeur. Curieuse, joueuse, aimant raconter et mettre en scène des anecdotes, elle n’exclut pas un jour la voix off ou même le one-woman-show, territoires encore inexplorés mais instinctivement présents depuis l’enfance.
« Quand on veut vraiment quelque chose, le monde entier conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

